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Le fait s’est produit au mois d’août 1605. Sur le mont proche du village de Marron, alors que des enfants gardaient les troupeaux, ils virent tout à coup le mont illuminé par une étrange clarté.


Levant les yeux au ciel, ils s’aperçurent, émerveillés, qu’un faisceau de lumière très doux, se séparant du bleu firmament vint se poser sur un ermitage qui avait été édifié à cet endroit de nombreuses années auparavant en l’honneur de st Marc.


Eclairés par cette lumière, ils vinrent à l’ermitage et par une fenêtre virent une statue de la Très Sainte Vierge avec l’enfant Jésus dans sa main droite, tenant son visage incliné vers son divin fils. Captivés par cette vision, lorsqu’ils revinrent à Marron, la nuit était déjà tombée.


Comme ils ne voulaient pas parler, ils furent durement punis. Le lendemain, avant que le soleil ne se lève, les enfants prenaient déjà la route qui les amène à la Sainte Montagne avec une agilité dépassant leurs jeunes années. Arrivés au lieu de l’apparition, ils laissèrent là leur troupeau pour aller se placer devant la statue de Marie qui leur était apparue la veille. Ainsi occupés jusqu’à la nuit tombante, ils furent de nouveau réprimandés à leur retour. Ceci dura ainsi plusieurs jours sans que les parents qui continuaient de les punir puissent connaître la cause d’une telle conduite. Ce n’est qu’après des interrogations réitérées et pressentes qu’ils avouèrent avoir vu des lumières du Ciel qui leurs avaient indiqué la présence d’une statue de la Très-Sainte Vierge Marie avec l’Enfant Jésus dans la fenêtre de l’Ermitage de St Marc.

Les parents croyant à un mensonge, ils furent fouettés encore plus durement.


Mais voulant quand même en avoir le cœur net, à la tombée de la nuit, ils marchèrent vers un petit mont d’où l’on pouvait bien découvrir le petit bois et l’ermitage. Arrivés au lieu de l’observation, ils virent non seulement l’ermitage, mais aussi le bois voisin baigné d’une pleine lumière, comme en plein jour, pendant que le reste demeurait plongé dans les ténèbres.


Admirant une telle clarté et remplis d’un grand respect, sans oser s’en approcher, ils s’en retournèrent à la maison, bien décidé à répéter la même chose les nuits suivantes, sans en parler à leurs voisins.


Les nuits suivantes, à la même heure, ce qui était arrivé se renouvela et chaque fois cela remplissait leur âme d’une céleste douceur ; ne voulant pas garder cette vision pour eux-mêmes persuadés que Dieu se manifestait pour les autres, ils se décidèrent à communiquer la nouvelle à d’autres voisins de Marron.


Tous convinrent de monter à l’ermitage le jour suivant, mais contre toute attente, ils ne virent rien du tout de ce qui leur avait été relaté. Croyant qu’ils étaient victimes d’une farce de la part des premiers, ils leur adressèrent des reproches très durs, qui fut la cause de dissension parmi le voisinage.

Bien entendu le démon prévoyant tout le bien qui allait en résulter pour les âmes provoqua tous ces inimitiés.


Une pieuse femme voit la statue


Passant par là au milieu de la nuit, quelques marcheurs virent la cime de la montagne illuminée d’une clarté si intense qu’elle leur servait de guide. Ainsi beaucoup s’attristaient car ayant vu quelque chose de loin, ils n’avaient rien rencontré en examinant le lieu après y être monté. Durant les mois d’août et septembre de l’année 1605, un matin à la cure, alors que l’on parlait de ces événements, une pieuse femme inspirée parla ainsi : « Moi, Monsieur, je vois la confusion qui existe dans ce village, et je viens vers votre miséricorde pour me confesser, communier, et recevoir votre bénédiction afin de monter à cet endroit voir si Dieu veut bien me révéler ce qu’il en est ». Ainsi fut fait, et à peine arrivée au lieu de l’apparition, levant les yeux vers la fenêtre, elle vit l’Impératrice du Ciel tenant dans sa main droite son précieux fils, de la même manière que cela avait été décrit par les bergers. Prostrée à genoux, et en larmes, elle vénéra la statue de Marie avant de retourner au village où elle était attendue et tous furent remplis d’une grande joie.


Par prudence, le prêtre envoya sans tarder deux de ses fidèles pour vérifier les faits, et ils y arrivèrent en même temps, mais se penchant vers ladite fenêtre, par un décret insondable de Dieu, ils ne virent rien de ce qui leur avait été décrit, et en colère après la bonne dame, en présence de tous, la traitèrent de visionnaire et déconsidérèrent les enfants.


Cependant le prêtre très prudent et connaissant la vertu de cette femme et par une impulsion intérieure, il ordonna aux deux mêmes observateurs de rester la nuit suivante.


En attendant cette heure, le temps leur paru des siècles et quand l’heure sonna, au fur et à mesure qu’ils montaient, ils remarquèrent une vive splendeur toujours plus intense, de sorte qu’arrivés au lieu de l’ermitage, ils le virent baigné entièrement de lumière et de clarté.


Sans perdre de temps, ils retournèrent confirmer les faits au curé de la paroisse.


A ce moment-là la joie du curé ne pu se contenir. Il fit convoquer toutes les autorités du village dans l’église St Pierre, le jour suivant, pour partir de là en rogations afin de demander à Dieu la grâce de leur montrer la sainte statue. Le jeudi 15 septembre, octave de la nativité de Notre Dame, tout le village en ébullition se mit en marche au son des cloches. Ainsi, ayant parcouru le dur chemin qui sépare la paroisse de l’ermitage St Marc, Dieu écoutant leurs supplications, alors que le curé s’approchait de la fenêtre, il trouva ce qu’il cherchait si avidement : l’image de Notre très Sainte Mère avec son Divin Fils dans les bras. S’étant prosterné, il l’a pris dans ses mains et se tournant vers le village, il la lui présenta pour que chacun lui rende l’hommage qui lui était dû. Ils firent en procession le tour de l’édifice avec la statue et en revenant à l’intérieur, en action de grâce, il célébra le Saint Sacrifice de la Messe auquel tout le village assista avec une particulière consolation.


Nombreux sont ceux qui restèrent longtemps après durant des heures entières en entrant et sortant de l’ermitage, et ils décidèrent qu’en premier lieu le bedeau, Pedro de Fresno, installe une veilleuse en permanence devant la statue de Marie.


Au jour suivant l’apparition de la statue de Marie, le voisinage de Marron se réunit en vue d’organiser sa mise en place. Les avis furent divers, certains incitant pour l’amener à la Paroisse St Pierre car disaient-ils elle serait entourée d’un plus grand respect, d’autres disant qu’elle devait rester au lieu de l’ermitage où elle était apparue. Le troisième avis l’emporta : édifier à la Très Sainte Vierge une église appropriée et pour le moment, en attendant qu’elle soit terminée, la garder à la paroisse.

La translation devait se faire après convocation du village entier au son des cloches.

 

Ce jour arriva et tous réunis dans l’église en ordre de procession, ils marchèrent vers la montagne et après y avoir vénéré la Sainte Image, pendant que le prêtre prenait la statue dans ses mains, tous s’en retournaient, lorsqu’à quelques pas de là Dieu manifesta de manière prodigieuse qu’il n’était pas d’accord ave cette translation.


Le jour était très serein, et à peine sorti du bois de l’ermitage, un ouragan se leva et au milieu d’épais nuages le tonnerre gronda, et une pluie torrentielle les empêcha de continuer leur marche. Ceci n’était que le commencement du prodige, car à peine revenu à l’autel de l’ermitage le calme revint et le soleil brilla d’un éclat encore plus éclatant. Ensuite on célébra le Saint sacrifice de la Messe en action de grâce pour avoir vu de manière extraordinaire la Volonté Divine.


En mémoire de cet événement, on fixa une croix au lieu même où l’apparition était arrivée accompagnée par la statue et on décida de l’appeler Notre Dame de la Croix.


Il l’invoquait avant de diverses façons soit Notre Dame de St Marc du nom de l’ermitage, soit Notre Dame de Somahoz, du nom de la montagne, soit Notre Dame de la Croix du jour où l’apparition avait eu lieu ce 15 septembre, juste après la fête de l’exaltation de la Sainte Croix.

Cependant on opta pour ce dernier titre, afin de perpétuer la mémoire de ce qui venait d’arriver, et on aurait ainsi continué de la faire si un fait notable n’avait pas été l’occasion de l’appeler Notre Dame Bien Apparue, un fait de grande transcendance puisqu’il constitue la preuve la plus évidente de l’apparition de la statue.


De fait, peu de jours après, les habitants de Ampuero, qui dans un ermitage dédié à St Sébastien rendaient un culte à une statue de Marie décidèrent, stimulés par la conduite de ceux de Marron, de la fêter avec une nouvelle ferveur. A ce motif, ils décidèrent certains à aller chercher la Sainte Statue pour la restaurer.

Des volontaires s’y étant rendus, ils ne la trouvèrent ni à l’autel ni en quelque endroit de l’ermitage, et s’en retournèrent à Ampuero rendre compte de leur investigation stérile. Chacun discutant et opinant à sa manière, ils finirent par être convaincus que l’image qui commençait à être vénérée à l’ermitage St Marc de Marron, était celle qui leur avait été volée par les habitants de ce village, les deux statues se ressemblant de façon troublante ce que confirmaient des personnes chaque fois qu’ils allaient la voir à Marron.


Sûrs d’eux, ils tentèrent de la récupérer et ne trouvèrent pas d’autres moyens que de donner tous pouvoirs à Francisco Marroquin, responsable de l’ermitage St Sébastien pour pouvoir obtenir justice devant le tribunal compétent. Ce dernier alla donc à Burgos, et s’adressant au tribunal demanda qu’on leur restitue la statue.  Comme il insistait, on lui remit l’acte de possession et il revint à Ampuero.


Au temps voulu, on notifia à Pedro de Fesno l’arrêté du tribunal de Burgos, par lequel il devait rendre la statue.


En attendant la sentence inespérée, il fut très peiné et très perturbé sans savoir quelle décision prendre devant ce cas insoupçonné, mais par une illumination de la Sainte Vierge dont il était responsable, il se recueilli et sans redonner la statue, il prit précipitamment le chemin de Burgos pour recourir au même tribunal, et demander au nom des habitants de Marron qu’on la maintienne en leur possession, puisqu’il prouvait que la statue était miraculeusement apparue à l’ermitage St Marc et non volée à ceux d’Ampuero comme on le faisait entendre.


La Mère de Dieu favorisa les démarches de Pedro de Fresno et le tribunal l’acte de possession le 5 octobre de la même année de l’apparition.


La joie des habitants de Marron fut à son comble car il est vrai que la solution était entérinée ; pour lors ils n’étaient pas privés de leur chère statue dont l’aide secourable les aiderait certainement à prouver la véracité de l’apparition. Mais en réalité, ceci n’était que le commencement d’une querelle fâcheuse entre les deux villages qui ne devait terminer qu’au bout de quelques années.

 

On notifia à Francisco Marroquin l’acte de possession de Pedro de Fesno mais il le réclama avec tant de vigueur et d’efficacité sans en avoir la moindre détention et il offrit comme examen de témoin la preuve qu’il croyait détenir. Pedro de Fresno revint à Burgos et de nouveau obtint un second acte de possession le 13 décembre de la même année, en vertu duquel la statue de Notre Dame demeurait encore cette fois la possession des habitants de Marron.


Les deux partis se disputaient à l’envie, et la querelle se compliquait de jour en jour, de telle manière qu’il semblait qu’on n’en sortirait jamais. Du fait de l’ardeur qui animait ceux d’Ampuero qui voulaient emporter l’image à St Sébastien, et ceux de Marron qui voulaient la conserver.


4 années passèrent ainsi sans résultat mais la Très Sainte Vierge se chargea elle-même de partir en défense de la vérité, avec un fait miraculeux qui laissa tout le monde bien convaincu pour toujours.


Francisco Marroquin qui se considérait comme le responsable de l’ermitage St Sebastien, pour justifier son droit, demanda au tribunal de Burgos d’envoyer des notaires et écrivain afin de s’informer par tous les moyens, en examinant les témoins. Ainsi fut fait et à peine commençait l’examen les notaires se rendirent compte que tous ou presque les habitants du lieu croyaient fermement être détenteurs de la statue, puisqu’un grand nombre d’entre eux s’apprêtaient à prêter serment. A cette fin on marche donc en direction de l’ermitage St Marc pour accomplir cette formalité : ils partirent donc d’Ampuero, mais avant d’arriver au terme du voyage, la Reine du Ciel donna les lumières suffisantes aux notaires afin qu’ils connaissent le mauvais procès qu’ils défendaient. En effet voulant passer à gué un petit ruisseau qui longe Marron, ils faillirent tous périr noyés. Sortir du risque sans abandonner leur chemin, ils arrivèrent ainsi à l’ermitage St Marc, et accompagnés de Pedro de Fresno, ils se mirent en face de la statue pour que les témoins puissent faire leur serment avec plus de sécurité. Le notaire prit la plume pour écrire les dépositions, et aux questions du juge, les témoins tombèrent subitement muets, le notaire resta avec sa main desséchée, sans pouvoir remuer ni bras ni plume. Mais comme la Mère de Miséricorde ne voulait pas les châtier, mais les sortir de leur erreur, à peine ils l’a reconnurent et demandèrent pardon qu’à l’instant ils retrouvèrent l’usage de leurs facultés.


Pedro de Fresno demanda que tout soit annoté. C’était le 10 juillet 1609 qu’ainsi le litige tomba définitivement.


De cette longue bataille juridique est né le nom sous lequel est connue notre patronne.


Les habitants de Marron dirent que la Statue se devait d’être appelée « Bien Apparue » car ils avaient prouvé qu’elle n’avait pas été volée comme on le leur avait imputé mais que l’on sache qu’elle était apparue miraculeusement.


Le temps confirma ce que le Ciel avait déjà prodigieusement manifesté car la statue de Marie, recherchée dans l’ermitage San Sébastien n’avait pas été volée, sinon qu’elle se trouvait à Madrid. De quelle manière ?


Don Rodrigo Ungo, résidant à Madrid, avocat des conseils royaux et natif d’Ampuero, étant gravement malade à la cour, ne trouva pas d’autres moyens que d’invoquer Notre Dame dont la statue était vénérée à l’ermitage St Sébastien et dont il était si dévot, et dans un excès d’affection il se la fit amener chez lui, espérant trouver par sa présence le soulagement voulu.


Sa confiance ne fut pas vaine. Il retrouva la santé. Voyant que la statue n’était pas en bon état de conservation, sinon très estropiée, il décida en action de grâce de l’emmener à Madrid pour la restaurer.

Il le fit sans en parler à personne, et de retour dans son, pays, il la ramena toute repeinte et ornée. En la redonnant, il fut mis au courant du litige et demanda pardon pour tous les torts occasionnés par sa négligence.


Nouveau sanctuaire


On ne compte pas les multiples guérisons opérées sur des aveugles recouvrant la vue, les muets la parole, les estropiés la marche, et en remerciement beaucoup de dons et d’offrandes furent offerts à la Très Sainte Vierge pour la construction d’une hôtellerie, l’agrandissement et l’embellissement de l’ermitage grâce au don d’un prélat de Burgos, Don Juan de Isla, très dévot du sanctuaire : le bel édifice fut doté d’une grande tour avec ses cloches, de chapelles latérales mais le 30 novembre 1697, un peu avant la nuit, une tempête terrible se leva et la foudre tomba sur la tour et en démolit la première partie réduisant les cloches en miettes. Cela ouvrit une grande brèche dans tout le mur jusqu’au fondement et l’édifice entier étant tellement endommagé, il n’était plus en état de fonctionner. Deux servantes de l’hôtellerie étant en prière à l’intérieur, Francisca de la Calzada et Francisca de Matienzo, saines et sauves, voulurent franchir les décombres pour sortir et à peine furent-elles sorties que tout le reste de l’édifice s’écroula avec grand fracas sous leurs yeux. Cela montrait aux responsables que le Ciel désirait un édifice plus somptueux qui fut confié à l’architecte Juan de Rivas Puente qui dessina admirablement les nouvelles proportions que l’évêque diocésain examina et qu’il décida de réduire en fonction des dépenses, laissant ce qui était indispensable.


Fin avril 1701, une grande multitude se rassemblait au Mont Somaos pour la pose de la première pierre, lorsqu’un homme vêtu de l’habit de tertiaire se mit à monter rapidement jusqu’au sommet et s’approchant pour voir ce qui s’y passait, trouva le projet trop petit car il voulait lui-même une église somptueuse et majestueuse. Il s’appelait Don Jose de Palacios Villegas, originaire de Limpias dont la fortune n’excédait pas 6 000 pesos. Avec ce peu d’argent, il s’engagea à édifier une œuvre de plus de 300 000 pesetas. Mais lorsque toutes les offrandes possibles furent épuisées dans tout le diocèse et que le constructeur se mit en dettes, Don Jose dut  aller en prison quelques mois. Malgré tout, son amour pour Notre Dame Bien Apparue lui fit faire tant de sacrifices qu’il parti même collecter au Mexique et au Pérou et il mourut loin de son pays, pendant que l’édifice montait plus ou moins rapidement selon les donations.


En 1722, en présence d’un grand nombre de prélats, de prêtres et du gouverneur de Laredo eut la dédicace de cette nouvelle église prodige de la providence et les pierres de la fenêtre de l’ermitage St Marc furent soigneusement installées à l’intérieur. Les reliques se voient dans le mur, et ceux qui souffrent de maux de têtes peuvent aller à cette fenêtre y introduire cette partie du corps pour être guéris de cette maladie. On y voit aussi des ex-voto en forme de navires fabriqués par des marins miraculeusement secourus par Notre Dame Bien Apparue au milieu de tempêtes terribles. Elle qui est l’étoile de la mer et le port très sûr. Ainsi les jeunes gens, avant de partir en Amérique venaient implorer la protection de Notre Dame.


300 après l’apparition miraculeuse, le 5 décembre 1905, St Pie X déclara Notre Dame Bien Apparue patronne et protectrice de la province, réalisant ainsi le souhait du clergé et des habitants des montagnes avoisinantes.


Puisse notre puissante avocate auprès de Jésus nous recevoir dans ses bras le jour de notre mort et nous emmener au Ciel, ainsi soit-il !


La Bien Aparecida